Djazz - Digital Jazz | Documentation
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Documentation

Le

système

Djazz

Le système Djazz est un “improvisateur artificiel” qui crée de la musique en puisant dans une base de séquences enregistrées. Celles-ci proviennent d’un musicien jouant en direct dont le jeu est capté par l’ordinateur, ou d’une bibliothèque de transcriptions de solos de grands musiciens de jazz. Le logiciel dérive d’ImproteK, un autre logiciel développé par Marc Chemillier et Jérôme Nika dans le cadre des travaux de recherche menés par l’EHESS (CAMS) et l’IRCAM. Le système repose sur un modèle d’automate qui lui permet d’improviser en suivant des parcours différents de ceux des séquences enregistrées. Djazz est conçu comme un instrument interactif dédié à la performance. Il permet à l’utilisateur d’agir sur les phrases qui sont “improvisées” par la machine afin de s’adapter au jeu de ses partenaires à travers différentes interfaces, notamment une matrice de boutons lumineux de type Launchpad. L’un des points forts du système est sa possibilité de s’adapter à une pulsation régulière grâce à l’utilisation d’un logiciel de suivi de tempo appelé Antescofo. Il peut également se caler sur une progression harmonique donnée.

1. Un logiciel d’improvisation

Le logiciel Djazz est une variante du logiciel ImproteK développé par Marc Chemillier et Jérôme Nika dans le cadre de la collaboration de deux laboratoires de recherche, le CAMS et l’IRCAM. L’origine de ces travaux remonte au début des années 2000 avec la conception du système OMax d’improvisation avec ordinateur initiée par Marc Chemillier, Gérard Assayag et Georges Bloch. Le principe de ces logiciels est d’allier modélisation stylistique et interaction pour mettre en place un dialogue original entre des musiciens et un improvisateur virtuel nourrissant sa propre inspiration du jeu de ses partenaires humains.

Le logiciel capte le jeu d’un musicien en élaborant en temps réel un modèle de ses phrases basé sur le concept d’automate fini, puis il est capable de naviguer à travers cette représentation en suivant des chemins différents de ceux empruntés originellement pour créer ainsi de nouvelles improvisations partageant la même esthétique. La spécificité d’ImproteK et de son successeur Djazz est de permettre à l’ordinateur d’improviser en se synchronisant avec une pulsation régulière et en suivant une structure harmonique sous-jacente. Cette caractéristique est réalisée concrètement grâce à des capacités de suivi de tempo.

2. Improvisation idiomatique

Djazz est dédié à l’improvisation idiomatique. L’idiome est partagé au sein d’une communauté. Il suppose un contexte social et des circonstances propres aux formes d’improvisation concernées.

Insérer un ordinateur dans ce contexte suppose de surmonter des seuil d’acceptabilité par rapport aux normes culturelles véhiculées par ce contexte.

3. Spectacle enrichi

Le projet Djazz soulève le problème des rapports entre la technologie et le spectacle vivant.

Le but du projet est de chercher une nouvelle voie humaniste dans l’utilisation des machines sur scène.

4. Pour en savoir plus

Quelques publications permettent d’en savoir plus sur les différents aspects de ce travail :

Marc Chemillier, Jérôme Nika, « Étrangement musical » : les jugements de goût de Bernard Lubat à propos du logiciel d’improvisation ImproteK, Cahiers d’ethnomusicologie, n° 28, 2016, pp. 61-80, https://hal.archives-ouvertes.fr/hal-01262592